Biographie et filmographie
de Agnès Varda

Un film bien écrit est également bien tourné, les acteurs sont bien choisis, les lieux aussi. Le découpage, les mouvements, les points de vue, le rythme du tournage et du montage ont été sentis et pensés comme les choix d’un écrivain, phrases denses ou pas, type de mots, fréquence des adverbes, alinéas, parenthèses, chapitres continuant le sens du récit, etc.

Agnès Varda


Née en Belgique en 1928, mais établie dès l’adolescence en France, Agnès Varda fit des études de photographie à Paris et travailla comme photographe de plateau au théâtre avant de se lancer dans le cinéma. Son premier long métrage, La pointe courte (1955), film d’essai à petit budget (Brigitte Bardot y fit ses débuts) est consideré comme un important précurseur de la Nouvelle Vague où, d’ailleurs, Varda affirma sa place avec Cléo de 5 à 7 (1962). Seule femme cinéaste à ce tournant capital de l’histoire cinématographique, Agnès Varda est la pionnière la plus importante du cinéma féminin contemporain. A la suite du ‘cinéma-stylo’ d’Alexandre Astruc, Varda inventa le terme ‘cinécriture’ pour définir son rôle d’auteur par rapport à sa création.

Dans une carrière qui s’étend sur presque 50 ans, Agnès Varda s’est consacrée à une oeuvre rigoureusement personnelle, où les films individuels suivent des formats très variés: documentaires purs, comme Daguerréotypes (1975); films de fiction, comme Cléo, Le Bonheur (1965), Les Créatures (1966) et Sans toit ni loi (1985); portraits biographiques comme Jane B par Agnès (1987) et Jacquot de Nantes (1990); ou bien des films qui, comme Les Glaneurs et la glaneuse (2000), mélangent imaginaire et documentaire, tout en impliquant la cinéaste elle-même comme sujet et objet de son travail.

Sensible au flux des réalités sociales et politiques comme aux grandes questions de la vie et la mort, le cinéma de Varda est constamment à l’affût des nouveautés techniques, et ouvert à toutes les nuances émotives et à toutes les possibilités de créativité. C’est un art qui, parfois ludique et aérien, parfois penétré de tristesse ou de douleur, cherche toujours à célébrer la densité de la vie – la sienne, et celle des autres.

Pour en savoir plus:

  • Audé, Françoise . Ciné-modèles cinéma d’elles, Lausanne: L’Age d’homme, 1981.
  • Flitterman-Lewis, Sandy, To desire differently : feminism and the French cinema , New York : Columbia University Press, 1996.
  • Smith, Alison, Agnes Varda , Manchester : Manchester University Press, 1998.
  • Varda, Agnès, Varda par Agnès, Paris: Cahiers du cinéma, 1994.

Filmographie

1955 La Pointe courte (89 mins)
1962 Cléo de 5 a 7
1965 Le Bonheur
1966 Les Créatures
1969 Lions love (...and lies)
1970 Nausicaa
1975 Daguerréotypes
1976 L'une chante, l'autre pas
1977 Quelques femmes bulles
1980 Mur murs
1981 Documenteur
1982 Une Minute Pour Une Image (170 two-minute spots for TV)
1985 Sans toit ni loi
1987 Jane B. par Agnès V
1987 Kung-fu master (le petit amour)
1990 Jacquot de Nantes
1992 Les demoiselles ont eu 25 ans
1994 Les Cent et une nuits
1995 L'univers de Jacques Demy
2000 Les Glaneurs et la glaneuse


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