Jean-Pierre Melville

Le Samourai (1967)

Avec Alain Delon, Nathalie Delon, Caty Rosier 

Il n’y a pas de plus profonde solitude que celle de samouraï si ce n’est celle d’un tigre dans la jungle ... peut-être...  Jean-Pierre Melville

Chez d’oeuvre du film policier Le Samourai (1967) marque l’apogée de l’oeuvre de Jean-Pierre Melville. Jef Costello (Alain Delon), un tueur professionnel, prépare soigneusement son alibi auprès de sa maîtresse (Nathalie Delon) avant d’assassiner le patron d’une boîte de nuit. Surpris par la pianiste (Caty Rosier), il sera arrêté, mais relâché faute d’une identification positive. Traqué par la police, aussi bien que par ses anciens patrons, ce serviteur trop fidèle finira, comme son oiseau apprivoisé, dans une cage. Une seule évasion possible: mourir avec honneur.

Filmé du point de vue de Jef, Le Samourai refuse toute explication psychologique, multipliant les scènes d’intérieur et les ombres, voilant les actions, mais se caractérisant d’une précision extrême, d’un climat oppressif coloré de bleu et de gris. Comme son titre l’indique, le film est inspiré du code de courage solitaire des samouraïs, mais il est informé aussi par une certaine esthétique minimaliste du cinéma japonais – en témoigne la scène d’ouverture qui crée le ton de l’ensemble. Il y a très peu de dialogues, très peu de mouvements de la caméra: ce qui n’empêche pas la tension de monter jusqu’au point de devenir intolérable.

Tout, dans ce film, est « style ». Celui, méticuleux, des vêtements, et celui des voitures que Jef vole pour commettre ses crimes (des Citroëns DS) reflètent la finition impeccable du film lui-même, un film dont chaque image, chaque son résultent d’un travail d’orfèvre.


[Home][Accueil][Parler][Ecouter][Voir cinéma][Lire][Ecrire][Voyager][Savoir]


Authorised and Directed by Prof. C. Nettelbeck, Dept of French
Designed and programmed by Craig McArthur, Horwood Language Centre

Copyright University of Melbourne 2001