François Truffaut

Les Quatre cents coups (1959)

Avec Jean-Pierre Léaud

Dans son premier long métrage, François Truffaut imposa d’emblée les caractéristiques essentielles de son art cinématographique. Sur le plan thématique, le film évoque l’enfance et la difficulté de grandir, la complexité des rapports d’amitié et d’amour, les injustices sociales – le tout dans un cadre d’engagement personnel très fort, même autobiographique. Du point de vue de la technique filmique, la mise en scène, très consciente et travaillée, est sujette à une structure narrative stricte. Les Quatre cents coups raconte l’histoire du jeune Antoine Doinel qui, produit d’une situation familiale lamentable, sèche les cours pour s’amuser dans Paris avec son copain René. Suivant une journée de merveilleuse liberté, Antoine est pris dans un acte bête mais sans méchanceté : le vol d’une machine à écrire (qu’il essaie d’ailleurs de remettre). Il est envoyé dans un centre pour délinquants dont il finit par s’évader. Le film se termine sur une séquence remarquable où la caméra suit la fuite du garçon qui court vers la mer, s’immobilisant à la fin sur son visage pénétré de vulnérabilité angoissée et d’une immense incertitude.

Trouvant dans le jeu de Jean-Pierre Léaud l’authenticité qu’il cherchait pour évoquer le trouble et la sensibilité de sa propre jeunesse, Truffaut reviendra au personnage d’Antoine Doinel à plusieurs reprises – Antoine et Colette (1961), Baisers volés (1968), Domicile conjugal (1970), et L’Amour en fuite (1979) – sans, pourtant, maintenir l’intensité esthétique et émotionnelle des Quatre cents coups. Tourné en noir et blanc et en cinémascope, Les Quatre cents coups offre un portrait affectueux de la ville de Paris, et surtout des quartiers populaires fréquentés par le jeune Truffaut. Le film reçut en 1959 le prix de la mise en scène du Festival de Cannes.


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Authorised and Directed by Prof. C. Nettelbeck, Dept of French
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