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Avec Jean-Pierre Léaud, Françoise Lebrun, Bernadette Lafont
Chef-duvre de Jean Eustache, La Maman et la putain gagne le prix spécial du jury au Festival de Cannes en 1973. Ce film-fleuve (209 minutes) en noir et blanc raconte lhistoire dAlexandre (Jean-Pierre Léaud), une sorte de parasite social qui passe sa vie à parler des choses quil ne sengagera jamais à faire. Alexandre habite chez Marie (Bernadette Lafont), une femme plus âgée que lui la « maman » du titre. La « putain » Véronika (Françoise Lebrun) cest une jeune infirmière sexuellement libérée, quAlexandre rencontre par hasard et qui tombera enceinte...
Utilisant surtout des intérieurs et dautres espaces clos, et des prises de vue extrêmement longues, ponctuées par des fondus au noir, Eustache crée un climat claustrophobique à la limite du supportable. Alexandre est un garçon égoïste, obsédé par la sexualité et le besoin de contrôler tout ce qui se passe dans sa vie. Les deux femmes en face de lui Marie, la maternelle, qui est charmée par son originalité mais blessée par son inconscience, et Véronika, la « femme nouvelle » qui entend être maîtresse de ses propres plaisirs sont davantage des contraintes quun moyen dapprentissage. Alexandre restera désespérément lui-même et les expériences damour libre chez ce trio bizarre napporteront aucun bonheur.
Au-delà de lanalyse presque clinique des émotions des personnages, Eustache réussit à traduire sa propre angoisse ainsi que celle de toute une époque et de toute une société: La Maman et la putain reste un portrait terriblement fidèle des années 1970, années creuses où la France se réveillait de lillusion de la gloire gaullienne, tout en constatant léchec des tentatives de renouveau représentées par les événements de mai 1968.
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