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La Haine (1988) |
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Avec Vincent Cassel, Hubert Koundé et Said Taghmaoui L'intrigue de La Haine, réalisée par Mathieu Kassovitz en 1995, se résume dans l'identité et les actions des trois protagonistes, à la suite dune bavure policière qui implique leur ami Abdel. Représentants de la population des « cites » (habitat des immigrés et des pauvres), Vinz (Vincent Cassel), juif blanc, Hubert (Hubert Kounde), noir, et Sayid (Said Taghmaoui), arabe, constituent une trinité désabusée où l'amour, la paix et le bonheur se transforment en haine, guerre et malheur. Leurs identités culturelles et leurs tendances sociales faisant deux les cibles des forces de l'autorité, ce trio doit faire face à linjustice et à la brutalité de la police. Mais dans la confusion, Vinz récupère l'arme d'un policier et se déclare prêt à s'en servir pour venger non seulement Abdel mais tous les habitants de la cité ... La tension atteint son apogée dans le dénouement du film où, après une nuit d'errance et de délinquance, les jeunes de la cité se retrouvent face à leurs ennemis, pistolets braqués les uns sur les autres, car Abdel est mort et il ne reste plus rien à faire S'ouvrant sur un reportage télévisé d'une bagarre entre les habitants d'une cité et la police, les premiers moments de La Haine présentent les notions clefs du film : les rapports de force, la violence, la haine, le racisme et surtout la transmission médiatisée de cette désintégration de la société à travers l'il de la caméra. Que Kassovitz s'adonne lui-même volontiers à cette activité de médiation et d'interprétation, il n'y a pas de doute - la preuve en étant la création stylisée en noir et blanc, semée de références aux films de Hollywood (Scorsese) ainsi qu'à la Nouvelle Vague (Godard), qui résulte de cet exercice. Couronné d'honneurs et apprécié par le public, ce film réussit à dépasser les limites d'un cinéma culte, comme la pierre de touche, sinon la première pierre, d'un genre en émergence : le cinéma de banlieue. La Haine est sans doute le plus connu des films de ce genre qui, comme le western, se rattache indissociablement à une topographie particulière, qui constitue l'inspiration fondamentale et du décor et de la thématique des films. Mise en évidence par les racines étymologiques du terme banlieue, cette topographie nous rappelle que ses habitants sont ainsi « bannis » du lieu privilégié, le centre-ville, pour produire « l'exclusion intrinsèque » des personnages qui domine dans ce film.
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